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Ukraine : bientôt deux ans de guerre
Il était en désaccord avec la guerre lancée par Vladimir Poutine. Il l'aurait payé de sa vie. Maxime Kouzminov, ce pilote russe qui avait déserté en août dernier, aurait été retrouvé mort au sud-est de l'Espagne, le corps criblé de balles. Selon la presse russe et espagnole, il aurait été abattu le 13 février, dans la ville de Villajoyosa, où il s'était réfugié avec de faux papier.
Le 5 septembre dernier, le monde avait découvert l'histoire incroyable de ce jeune pilote. Membre du 319e régiment d'hélicoptères de l'aviation russe, il avait raconté sa défection dans une vidéo. Après avoir contacté les renseignements ukrainiens, celui qui était en désaccord avec la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine s'était vu offrir par Kiev "des garanties de sécurité, de nouveaux documents et une compensation financière". C'est ainsi qu'à l'été dernier, il s'était retrouvé à quitter une base dans la région de Koursk à bord de son Mil Mi-8, cet hélicoptère hérité de l’époque soviétique. Il avait volé en mode silence radio, à très basse altitude, jusqu'à l'Ukraine voisine, avec deux soldats à bord. Après avoir posé son engin près de Karkhiv, les deux soldats qui l'accompagnaient avaient été abattus, selon ses explications, et il avait pu définitivement quitter l'est de l'Europe pour s'installer en Espagne.
Un récit incroyable, qui avait fait de lui un héros en Ukraine. Et un ennemi en Russie. Dans les médias russes, le déserteur était décrit comme un "traite à la patrie", "un charognard", ou encore "un corrompu". "Kouzminov ne vivra pas assez longtemps pour voir son procès", avait prévenu un soldat devant les caméras.
Une menace désormais mise à exécution ? L'agence russe Tass affirme en tout cas ce lundi que Maxime Kouzminov, décrit comme un soldat "qui a tué ses camarades et détourné un hélicoptère russe en 2023" aurait été retrouvé mort dans ce village de pêcheurs de la Costa Blanca. Une information confirmée par la presse ukrainienne et espagnole. Selon des sources proches de l'enquête citées par El Pais, le jeune homme aurait pu être identifié à l'aide de ses empreintes digitales. Du côté de Kiev, Andri Ioussov, le porte-parole de la direction générale du renseignement militaire ukrainien avait annoncé dans la presse la mort du pilote lundi, sans en préciser ni le lieu ni les circonstances.
Les autorités espagnoles refusent toutefois de confirmer cette information pour l'heure. En charge de l'enquête, la Garde civile espagnole a seulement indiqué ce mardi à l'AFP "que l'identité qu'utilisait" la personne assassinée "pouvait être fausse et qu'il pouvait s'agir d'un autre individu". Les enquêteurs sont à présent en train de procéder à la vérification de l'identité de la victime, ce qui pourrait prendre du temps, selon le ministère de l'Intérieur.
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L'heure est donc à la prudence. Mais toujours est-il que l'ombre du Kremlin plane sur une nouvelle affaire. Dans un reportage du mois d'octobre, la télévision d'État russe avait affirmé que les services spéciaux avaient été chargés de retrouver et de punir le pilote. Pour Moscou, cette mort servirait de message très clair à destination de tous les soldats qui souhaiteraient déserter : le sort réservé "aux traitres" ne fait pas rêver.
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